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HAINE
" Il y a eu cette tentative tout à fait consciente de faire une musique très
violente, mais sans les clichés habituels de ce type de musique comme par exemple des
hurlements de guitare. Tout le travail à la guitare est en demi-teintes. [
] Si je
n'aime pas le résultat, c'est parce qu'aimer n'est pas le bon mot. C'est plutôt de la
haine parce que des textes comme ceux de "Box For Black Paul" et "Well Of
Misery" m'entraînent aux confins d'un endroit où je n'ai pas envie d'aller. C'est
une musique qui fait peur au-delà de ce qu'on ressent quand on regarde pour se distraire
un film "qui fait peur". " (interview de Nick Cave pour Sounds lors de la sortie de From Her to
Eternity, mai 1984)
RELIGION
" Je n'avais jamais réfléchi à l'intérêt que pouvait avoir la religion :
j'étais toujours parti du principe que c'était une impasse, même si j'avais largement
exploité l'imaginaire qui lui est associé. Ces derniers temps, par contre, j'y vois de
plus en plus une solution de vie. A mon avis, si quelque chose conduit à la folie, c'est
d'envisager la vie sous l'angle de la religion. " (interview de Nick Cave pour NME lors de la sortie de
From Her to Eternity, mai 1984)
POUDRE AUX YEUX
" Une journaliste de Los Angeles, après avoir écouté un texte que j'avais lu,
écrit d'après le morceau "Bline Lemon Jefferson", m'a complimenté sur ma
connaissance "très pointue" du Sud des Etats-Unis. Elle m'a dit qu'il était
évident que je m'étais beaucoup documenté, que je maîtrisais mon sujet, alors qu'en
réalité je n'y ai mis les pieds qu'une seule fois : une escale d'une nuit en Géorgie
avec les Birthday Party. Bon, d'accord, je connais un truc ou deux, mais, le reste, c'est
de la poudre aux yeux. J'avoue que tout ça me réjouit beaucoup. " (interview de Nick Cave pour NME lors de la
sortie de The Firstborn is Dead, août 1985)
ETRANGER
" Apparemment, je suis en complet décalage par rapport au monde moderne. Parfois,
j'ai l'impression de radoter et je me demande qui peut encore s'intéresser à ce que je
raconte. Ces derniers temps, je me sens tellement étranger à tout que j'ai l'impression
d'être un animal de foire relégué aux oubliettes du cirque. " (interview de Nick Cave pour Sounds lors de
la sortie de Your Funeral, My Trial, juillet 1986)
POSTHUME
" Je n'ai pas envie
qu'on se souvienne de moi comme d'un barbare, comme de quelqu'un qui aurait créé un
millier de groupes de Goths hirsutes sans personnalité et au teint maladivement blafard.
Je n'ai vraiment pas envie d'assumer ça. Je crois qu'il y a bien d'autres choses plus
intéressantes dans ce que j'ai fait que ce qui a l'air d'impressionner le plus les gens.
" (interview de Nick Cave
pour NME lors de la sortie de Tender Prey , août 1988)
ANGOISSE
" Pour moi, le succès personnel est une période d'exultation, qui ne dure que peu
de temps et où la preuve m'est donnée que ma créativité ne s'est pas essoufflée.
Ensuite, après cette période d'exultation, je recommence à angoisser. C'est vrai,
j'angoisse beaucoup et c'est cette angoisse qui est le moteur de ma créativité. "
SAUDADE
" Sur ce disque-là, j'ai voulu en fait parler d'un sentiment que j'avais depuis
longtemps, de sentiments que j'avais déjà essayé d'exprimer dans d'autres morceaux.
Cette fois, j'ai eu envie de leur dédier tout un disque. La langue portugaise a un mot
pour cette émotion : saudade. Elle renvoie à un désir inexplicable de quelque chose
d'absent et qu'on ne retrouvera pas. J'ai eu envie d'écrire une série de chansons sur ce
sentiment-là. " (interview
de Nick Cave pour Melody Maker lors de la sortie de The Good Son, mars 1990)
EXERCICE DE STYLE
" J'aimerais écrire des chansons en me mettant dans la peau d'une femme. Je suis
attiré par cet exercice de style. Ceci dit, ça dépendrait à qui le morceau est
destiné : si c'était Lydia Lunch, ce ne serait pas la même chose que pour Kylie
Minogue. [
] Il faut dire que j'aimerais bien écrire un titre pour Kylie
Minogue.
" (interview de Nick Cave
pour Sounds lors de la sortie de The Good Son, avril 1990)
SENSIBILITE
" C'est sûr que j'ai absorbé des choses de la culture brésilienne quand je vivais
là-bas, mais je ne crois pas que la musique brésilienne traditionnelle m'ait changé. Ce
qui forme ma sensibilité musicale, ce sont les incidents, comme par exemple un jour où
je me promenais dans Sao Polo et où j'ai vu un vieux qui faisait passer un sale quart
d'heure à une guitare à deux cordes et gueulait son délire à la tête des passants.
Sans doute que ça aurait pu se passer n'importe où, mais ce genre de situations a
toujours une profonde influence sur moi. " (interview de Nick Cave pour Melody Maker lors de la
sortie de Henry's Dream, mars 1992)
CONFRONTATION
" Je crois que tous les artistes qui, dans leur écriture, ont le souci du style,
sont toujours confrontés aux mêmes questions que celles qu'on me pose toujours. Si vous
voulez que je vous parle de la religion, à la manière que vous avez de m'interroger sur
le Sud des Etats-Unis ou sur la drogue je refuserai de répondre. " (interview de Nick Cave pour NME lors de la
sortie de Henry's Dream, avril 1992)
WESTERN
" On m'a fait la remarque que cet album avait une atmosphère de Far West. Je trouve
ça assez affolant. " (interview
de Nick Cave pour Select lors de la sortie de Henry's Dream, avril 1992)
MONDE INTERIEUR
" J'avais envie d'écrire plus sur moi-même et sur ma vie en ce moment, un
témoignage sans fard de mon état d'esprit, de ce que je ressens en ce moment. " (interview de Nick Cave pour NME lors de la
sortie de Let Love In, avril 1994)
CAFARD
" J'espère que personne ne s'attend à ce que je sorte un disque tout rose parce
qu'au contraire, c'est quand j'ai le cafard et que j'ai la haine que j'écris le mieux.
Quand je me promène dans un parc avec le coeur battant de joie, je n'ai certainement pas
envie de m'asseoir et d'écrire une chanson. " (interview de Nick Cave pour The Independent lors de
la sortie de Let Love In, Avril 1994)
ABSURDITE
" Ce disque est essentiellement comique : je l'ai voulu amusant. Ce n'est pas dans
cet état d'esprit que son élaboration a débuté, mais dès qu'on s'est mis à le faire,
on a vu que c'était complètement absurde de faire tout un disque dans cette
mentalité-là. C'est un peu devenu une pochade. " (interview de Nick Cave pour The Independent lors de
la sortie de Murder Ballads, janvier 1996)
AMOUR
" Le morceau ["Where The Wild Roses Grow"] raconte un meurtre, mais il
exprime aussi mes sentiments pour Kylie [Minogue]. Non pas que j'aie envie de la tuer
comme dans la chanson : les paroles véhiculent au contraire un sentiment d'amour. " (interview de Nick Cave pour Vox lors de la
sortie de Murder Ballads, mars 1996)
AGACEMENT
" Ça me fait toujours très plaisir que mes disques déconcertent et irritent, mais
ce qui m'agace, moi, c'est qu'on me demande de passer mes idées au tamis du politiquement
correct. " (interview de
Nick Cave pour NME lors de la sortie de Murder Ballads, janvier 1996)
DOUTE
" Pour moi, tout cela, c'est un périple que j'accomplis en solitaire. La base même
de ma foi, c'est le doute. Je n'ai jamais eu de grande révélation. Il me semble
simplement qu'il est de mon devoir de m'instruire sur le concept que représente Dieu.
" (interview de Nick Cave
pour Mojo lors de la sortie de The Boatman's Call, mars 1997)
RELATION
" Pour moi, ce qui m'importait vraiment pour une grande partie de ces morceaux,
c'était de trouver les mots justes pour décrire des situations que j'avais vécues et
mes sentiments à l'égards des protagonistes. Parce qu'au fond, c'est une manière de se
souvenir de ce qui était positif dans une relation autant que de ce qui était négatif.
Je parle de certaines choses sur ce disque et, quand je l'écoute, je n'arrive pas à
comprendre comment j'ai pu éprouver ça pour la personne. Mais, à travers ces morceaux,
quelque part j'ai compris. " (interview de Nick Cave pour Vox lors de la sortie de The Boatman's
Call, février 1997)
SATISFACTION
" C'est le premier disque qui me satisfasse vraiment au niveau
des textes. Il s'agissait pour moi d'aller vraiment au fond des choses
sans les obscurcir par la métaphore et les fioritures. " (interview de Nick Cave pour NME lors de la sortie de The Boatman's
Call, mars 1997)
STIMULATION
" J'ai vécu trois ans à Berlin, à Kreuzberg,
le quartier des artistes. On a tout de suite été accueillis
dans le milieu artistique où l'on rencontrait des cinéastes
et des poètes, des musiciens, des gens de tous horizons. J'ai
vécu cette période comme une seconde jeunesse, c'était
très stimulant. " (interview de divers artistes pour Tracks, Arte - 19 novembre
1999)
EQUILIBRE
" J'imagine que la plupart des gens apprennent à vivre,
à trouver une manière de vivre avec les autres. Ils
deviennent des adultes, des gens équilibrés. L'artiste
en est incapable parce qu'il a d'autres préoccupations. "
(interview de Nick Cave pour Tracks, Arte - 29 juin 2001)
CREATION
" Mon côté le plus créatif est aussi le plus
destructeur. Mes textes ne me viennent pas comme mes chansons, ça
vient d'une autre partie de moi-même. Je m'assois et je vois
toute la scène d'un coup. Pour les chansons, c'est différent,
ça part d'une phrase, ou de quelques mots et je me retrouve
avec une chanson. " (interview de Nick Cave pour Tracks, Arte - 29 juin 2001)
DESILLUSION
" C'est très étrange. Quand je vivais à
Londres, un gamin de sept ans m'a demandé un autographe en
me disant : "T'es ce vieux type qui chantait avec Kylie Minogue
? " J'ai dit : "Ben oui." (interview de Nick Cave pour Tracks, Arte - 29 juin 2001)
RECUL
" Quand d'autres artistes enregistrent mes chansons, je peux
les écouter objectivement. Tout d'un coup, elles sont débarrassées
de tout le contexte, de tout ce qui se passait à ce moment
là. Tout ce qui me submerge quand je m'écoute chanter.
The Mercy Seat est une super chanson et Johnny Cash en a fait une
version superbe. Je l'ai toujours admiré. Quand j'étais
gamin, Johnny Cash était déjà pour moi cette
figure de mauvais garçon impressionnant. J'adore ce qu'il fait.
" (interview de Nick Cave pour Tracks, Arte - 29 juin 2001)
NICK CAVE
TOP 5
" J'écoute, je lis et j'aime...
1. Bob Dylan, tout en général, "Slow Train Coming"
en particulier.
2. John Lee Hooker, sans conteste mon musicien préféré.
3. La Bible, qui influence toutes mes chansons.
4. Dostoïevsky, pour la scène du meurtre dans "Crime
et Châtiment".
5. Luke, mon fils. Il a comblé toutes les brêches dans
ma vie. "
(paru dans Rock'n'Folk en 1998 au moment de la sortie du best
of)
REPARTIE
Un journaliste demande à Nick ce que ça lui fait d'avoir
enregistré The Boatman's Call là où les beatles
l'ont fait, réponse de Nick :
<< Le fantôme de Lennon est venu nous voir, on lui a dit
"va te faire foutre, on a un album à enregistrer..."
>>

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