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Extraits d'interviews


dernier ajout : 20 avril 2002

HAINE
" Il y a eu cette tentative tout à fait consciente de faire une musique très violente, mais sans les clichés habituels de ce type de musique comme par exemple des hurlements de guitare. Tout le travail à la guitare est en demi-teintes. […] Si je n'aime pas le résultat, c'est parce qu'aimer n'est pas le bon mot. C'est plutôt de la haine parce que des textes comme ceux de "Box For Black Paul" et "Well Of Misery" m'entraînent aux confins d'un endroit où je n'ai pas envie d'aller. C'est une musique qui fait peur au-delà de ce qu'on ressent quand on regarde pour se distraire un film "qui fait peur". "
(interview de Nick Cave pour Sounds lors de la sortie de From Her to Eternity, mai 1984)

RELIGION
" Je n'avais jamais réfléchi à l'intérêt que pouvait avoir la religion : j'étais toujours parti du principe que c'était une impasse, même si j'avais largement exploité l'imaginaire qui lui est associé. Ces derniers temps, par contre, j'y vois de plus en plus une solution de vie. A mon avis, si quelque chose conduit à la folie, c'est d'envisager la vie sous l'angle de la religion. "
(interview de Nick Cave pour NME lors de la sortie de From Her to Eternity, mai 1984)

POUDRE AUX YEUX
" Une journaliste de Los Angeles, après avoir écouté un texte que j'avais lu, écrit d'après le morceau "Bline Lemon Jefferson", m'a complimenté sur ma connaissance "très pointue" du Sud des Etats-Unis. Elle m'a dit qu'il était évident que je m'étais beaucoup documenté, que je maîtrisais mon sujet, alors qu'en réalité je n'y ai mis les pieds qu'une seule fois : une escale d'une nuit en Géorgie avec les Birthday Party. Bon, d'accord, je connais un truc ou deux, mais, le reste, c'est de la poudre aux yeux. J'avoue que tout ça me réjouit beaucoup. "
(interview de Nick Cave pour NME lors de la sortie de The Firstborn is Dead, août 1985)

ETRANGER
" Apparemment, je suis en complet décalage par rapport au monde moderne. Parfois, j'ai l'impression de radoter et je me demande qui peut encore s'intéresser à ce que je raconte. Ces derniers temps, je me sens tellement étranger à tout que j'ai l'impression d'être un animal de foire relégué aux oubliettes du cirque. "
(interview de Nick Cave pour Sounds lors de la sortie de Your Funeral, My Trial, juillet 1986)

POSTHUME
" Je n'ai pas envie qu'on se souvienne de moi comme d'un barbare, comme de quelqu'un qui aurait créé un millier de groupes de Goths hirsutes sans personnalité et au teint maladivement blafard. Je n'ai vraiment pas envie d'assumer ça. Je crois qu'il y a bien d'autres choses plus intéressantes dans ce que j'ai fait que ce qui a l'air d'impressionner le plus les gens. " (interview de Nick Cave pour NME lors de la sortie de Tender Prey , août 1988)

ANGOISSE
" Pour moi, le succès personnel est une période d'exultation, qui ne dure que peu de temps et où la preuve m'est donnée que ma créativité ne s'est pas essoufflée. Ensuite, après cette période d'exultation, je recommence à angoisser. C'est vrai, j'angoisse beaucoup et c'est cette angoisse qui est le moteur de ma créativité. "

SAUDADE
" Sur ce disque-là, j'ai voulu en fait parler d'un sentiment que j'avais depuis longtemps, de sentiments que j'avais déjà essayé d'exprimer dans d'autres morceaux. Cette fois, j'ai eu envie de leur dédier tout un disque. La langue portugaise a un mot pour cette émotion : saudade. Elle renvoie à un désir inexplicable de quelque chose d'absent et qu'on ne retrouvera pas. J'ai eu envie d'écrire une série de chansons sur ce sentiment-là. "
(interview de Nick Cave pour Melody Maker lors de la sortie de The Good Son, mars 1990)

EXERCICE DE STYLE
" J'aimerais écrire des chansons en me mettant dans la peau d'une femme. Je suis attiré par cet exercice de style. Ceci dit, ça dépendrait à qui le morceau est destiné : si c'était Lydia Lunch, ce ne serait pas la même chose que pour Kylie Minogue. […] Il faut dire que j'aimerais bien écrire un titre pour Kylie Minogue. "
(interview de Nick Cave pour Sounds lors de la sortie de The Good Son, avril 1990)

SENSIBILITE
" C'est sûr que j'ai absorbé des choses de la culture brésilienne quand je vivais là-bas, mais je ne crois pas que la musique brésilienne traditionnelle m'ait changé. Ce qui forme ma sensibilité musicale, ce sont les incidents, comme par exemple un jour où je me promenais dans Sao Polo et où j'ai vu un vieux qui faisait passer un sale quart d'heure à une guitare à deux cordes et gueulait son délire à la tête des passants. Sans doute que ça aurait pu se passer n'importe où, mais ce genre de situations a toujours une profonde influence sur moi. "
(interview de Nick Cave pour Melody Maker lors de la sortie de Henry's Dream, mars 1992)

CONFRONTATION
" Je crois que tous les artistes qui, dans leur écriture, ont le souci du style, sont toujours confrontés aux mêmes questions que celles qu'on me pose toujours. Si vous voulez que je vous parle de la religion, à la manière que vous avez de m'interroger sur le Sud des Etats-Unis ou sur la drogue je refuserai de répondre. "
(interview de Nick Cave pour NME lors de la sortie de Henry's Dream, avril 1992)

WESTERN
" On m'a fait la remarque que cet album avait une atmosphère de Far West. Je trouve ça assez affolant. "
(interview de Nick Cave pour Select lors de la sortie de Henry's Dream, avril 1992)

MONDE INTERIEUR
" J'avais envie d'écrire plus sur moi-même et sur ma vie en ce moment, un témoignage sans fard de mon état d'esprit, de ce que je ressens en ce moment. "
(interview de Nick Cave pour NME lors de la sortie de Let Love In, avril 1994)

CAFARD
" J'espère que personne ne s'attend à ce que je sorte un disque tout rose parce qu'au contraire, c'est quand j'ai le cafard et que j'ai la haine que j'écris le mieux. Quand je me promène dans un parc avec le coeur battant de joie, je n'ai certainement pas envie de m'asseoir et d'écrire une chanson. "
(interview de Nick Cave pour The Independent lors de la sortie de Let Love In, Avril 1994)

ABSURDITE
" Ce disque est essentiellement comique : je l'ai voulu amusant. Ce n'est pas dans cet état d'esprit que son élaboration a débuté, mais dès qu'on s'est mis à le faire, on a vu que c'était complètement absurde de faire tout un disque dans cette mentalité-là. C'est un peu devenu une pochade. "
(interview de Nick Cave pour The Independent lors de la sortie de Murder Ballads, janvier 1996)

AMOUR
" Le morceau ["Where The Wild Roses Grow"] raconte un meurtre, mais il exprime aussi mes sentiments pour Kylie [Minogue]. Non pas que j'aie envie de la tuer comme dans la chanson : les paroles véhiculent au contraire un sentiment d'amour. "
(interview de Nick Cave pour Vox lors de la sortie de Murder Ballads, mars 1996)

AGACEMENT
" Ça me fait toujours très plaisir que mes disques déconcertent et irritent, mais ce qui m'agace, moi, c'est qu'on me demande de passer mes idées au tamis du politiquement correct. "
(interview de Nick Cave pour NME lors de la sortie de Murder Ballads, janvier 1996)

DOUTE
" Pour moi, tout cela, c'est un périple que j'accomplis en solitaire. La base même de ma foi, c'est le doute. Je n'ai jamais eu de grande révélation. Il me semble simplement qu'il est de mon devoir de m'instruire sur le concept que représente Dieu. "
(interview de Nick Cave pour Mojo lors de la sortie de The Boatman's Call, mars 1997)

RELATION
" Pour moi, ce qui m'importait vraiment pour une grande partie de ces morceaux, c'était de trouver les mots justes pour décrire des situations que j'avais vécues et mes sentiments à l'égards des protagonistes. Parce qu'au fond, c'est une manière de se souvenir de ce qui était positif dans une relation autant que de ce qui était négatif. Je parle de certaines choses sur ce disque et, quand je l'écoute, je n'arrive pas à comprendre comment j'ai pu éprouver ça pour la personne. Mais, à travers ces morceaux, quelque part j'ai compris. "
(interview de Nick Cave pour Vox lors de la sortie de The Boatman's Call, février 1997)

SATISFACTION
" C'est le premier disque qui me satisfasse vraiment au niveau des textes. Il s'agissait pour moi d'aller vraiment au fond des choses sans les obscurcir par la métaphore et les fioritures. "
(interview de Nick Cave pour NME lors de la sortie de The Boatman's Call, mars 1997)

STIMULATION
" J'ai vécu trois ans à Berlin, à Kreuzberg, le quartier des artistes. On a tout de suite été accueillis dans le milieu artistique où l'on rencontrait des cinéastes et des poètes, des musiciens, des gens de tous horizons. J'ai vécu cette période comme une seconde jeunesse, c'était très stimulant. "
(interview de divers artistes pour Tracks, Arte - 19 novembre 1999)

EQUILIBRE
" J'imagine que la plupart des gens apprennent à vivre, à trouver une manière de vivre avec les autres. Ils deviennent des adultes, des gens équilibrés. L'artiste en est incapable parce qu'il a d'autres préoccupations. "
(interview de Nick Cave pour Tracks, Arte - 29 juin 2001)

CREATION
" Mon côté le plus créatif est aussi le plus destructeur. Mes textes ne me viennent pas comme mes chansons, ça vient d'une autre partie de moi-même. Je m'assois et je vois toute la scène d'un coup. Pour les chansons, c'est différent, ça part d'une phrase, ou de quelques mots et je me retrouve avec une chanson. "
(interview de Nick Cave pour Tracks, Arte - 29 juin 2001)

DESILLUSION
" C'est très étrange. Quand je vivais à Londres, un gamin de sept ans m'a demandé un autographe en me disant : "T'es ce vieux type qui chantait avec Kylie Minogue ? " J'ai dit : "Ben oui."
(interview de Nick Cave pour Tracks, Arte - 29 juin 2001)

RECUL
" Quand d'autres artistes enregistrent mes chansons, je peux les écouter objectivement. Tout d'un coup, elles sont débarrassées de tout le contexte, de tout ce qui se passait à ce moment là. Tout ce qui me submerge quand je m'écoute chanter. The Mercy Seat est une super chanson et Johnny Cash en a fait une version superbe. Je l'ai toujours admiré. Quand j'étais gamin, Johnny Cash était déjà pour moi cette figure de mauvais garçon impressionnant. J'adore ce qu'il fait. "
(interview de Nick Cave pour Tracks, Arte - 29 juin 2001)

NICK CAVE TOP 5
" J'écoute, je lis et j'aime...
1. Bob Dylan, tout en général, "Slow Train Coming" en particulier.
2. John Lee Hooker, sans conteste mon musicien préféré.
3. La Bible, qui influence toutes mes chansons.
4. Dostoïevsky, pour la scène du meurtre dans "Crime et Châtiment".
5. Luke, mon fils. Il a comblé toutes les brêches dans ma vie. "
(paru dans Rock'n'Folk en 1998 au moment de la sortie du best of)

REPARTIE
Un journaliste demande à Nick ce que ça lui fait d'avoir enregistré The Boatman's Call là où les beatles l'ont fait, réponse de Nick :
<< Le fantôme de Lennon est venu nous voir, on lui a dit "va te faire foutre, on a un album à enregistrer..." >>

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